Philippe

Patrick

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Benoît

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Xavier

Catherine

Anne

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Frédéric

Thiery

Marie-Pierre

Jean-François

François

Nancy

Elodie

Jean-Louis

   

Pauline

Julien

     

 

Number One (Grand cous' pour les intimes)

 

 

 

 

Un gros bébé en 1962

Je suis né à Courtrai le vendredi 13 juillet 1962. Un vendredi 13... ça commençait bien. Personnellement, je ne m'en souviens plus très bien mais il paraît que j'étais un gros bébé avec plein de cheveux noirs et de grands yeux bleus. Un peu comme Carmelo, le marchand de glaces qui passait dans la rue à l'époque. Il faut dire que maman avait des envies de glace pendant sa grossesse et en mangeait chaque jour. Les yeux bleus sont devenus verts après un ou deux ans. Allez savoir pourquoi.

 

Mes parents souhaitaient une fille et le prénom était tout choisi: Caroline. C'est peut-être pour ça que j'avais tant de cheveux. Mais je tiens à rassurer tout le monde, la comparaison s'arrête là.

 

Je ne devais pas être très content à l'époque parce que je pleurais souvent. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été dorloté par mes oncles et surtout mes tantes. Ben, il faut dire que j'étais le premier (Number One) d'une longue lignée de cous' et que pour les jeunes sœurs de mon papa, je devais être la poupée de service. Hum!

 

Après 14 mois, un petit frère est né: Patrick, le 8 septembre 1963. J'étais content. Enfin quelqu'un avec qui jouer. Nous voilà, là, sur la photo. Mon frère est beaucoup plus beau aujourd'hui. On avait déjà un sacré look pour l'époque...

 

 

Une maman coiffeuse

 

Maman, Rosane, était coiffeuse. Elle travaillait à la maison et avait de nombreuses clientes. A l'époque on commençait les journées tôt le matin et on terminait tard le soir, on travaillait le samedi et le dimanche matin, elle faisait les coups de peigne. Autant dire que je ne la voyais pas beaucoup. Elle est née en 1938, à Ledegem. Elle est d'origine flamande. Son papa était marchand de bestiaux et sa maman, Elisabeth, institutrice. C'était ma grand-mère et ma marraine. A l'époque, les institutrices, ça ne rigolait pas, ma grand-mère était très stricte sur l'éducation.

 

Mon frère et moi, on se souvient qu'un jour, elle nous a poursuivis avec un grand bâton parce qu'on n'était pas rentrés à l'heure pour le dîner. Heureusement que nous courions plus vite qu'elle. Le meilleur souvenir que j'ai d'elle, c'est quand elle nous racontait des histoires et particulièrement celle de Smetje Smee, avec le diable Lucifer. Depuis, j'ai repris le flambeau et je la raconte à mes enfants et mes élèves. C'est sans doute elle qui m'a donné envie de devenir instit'.

 

Comme ma grand-mère Elisabeth était très stricte sur l'éducation, elle a envoyé ma maman dans un pensionnat, chez les sœurs de l'Enfant Jésus à Mouscron. Maman y a appris tout ce qu'on apprenait aux jeunes filles à l'époque, c'est-à-dire, tout ce qu'il faut savoir pour être une femme au foyer. Comme elle avait de la suite dans les idées, à la fin de ses études, ma grand-mère fit engager ma maman au service de l'épouse du Docteur Locufier à Luingne. Elle y est restée plusieurs années.

 

Je suis allé une fois en visite au château "Locufier" quand j'étais petit. Je me souviens d'une cage avec un grand perroquet et surtout d'un énorme chien. Aussi grand qu'un veau. Il prenait plaisir à traverser la pièce en courant et à poser son énorme gueule baveuse sur mes genoux. Moi, je n'osais pas bouger.

 

Toutefois, ma maman, à l'époque, en jeune fille moderne, ne souhaitait pas garder ce statut de bonne. Elle rêvait de coiffure. Elle profita alors de ses moments libres pour apprendre les bases du métier et obtint son diplôme. C'est ce métier qu'elle a exercé jusqu'à sa pension.

 

Maman a toujours aimé les activités manuelles. Elle a une âme d'artiste. Lors des soirées d'hiver, elle nous apprenait à dessiner, colorier, coudre, tricoter, broder. (Elle voulait une fille hein!!!) Avec elle, j'ai tricoté un ours, j'ai brodé un  portrait de marin-pêcheur... Maintenant qu'elle est pensionnée, elle continue à apprendre son savoir faire aux enfants du quartier. Les parents apprécient. Elle s'est aussi mise, avec beaucoup de succès, à la confection de bouquets et de montages floraux.

 

 

Un papa aux mains en or

 

Mon papa, Paul, est né en 1939, à Dottignies. Il était le deuxième enfant d'une famille de onze. Sa maman, Béatrix, après avoir été cabaretière à Dottignies, était femme au foyer. Normal avec toute cette clique à s'occuper. Tandis que Fernand, son papa et mon parrain, était chauffeur d'usine et travaillait en plus dans les fermes. On se demande d'ailleurs souvent comment il a pu faire toute cette bande d'enfants en travaillant autant.

 

Paul était un vrai garçon. Les 400 coups, il connaissait pour les avoir bien pratiqués. C'est à l'école des frères qu'il a passé ses primaires et ensuite, il a appris la mécanique en section technique au collège Saint Henri.

 

Comme de nombreux jeunes gens de l'époque, il a très vite trouvé du travail dans une usine textile de la région, chez Vanoutryve. C'est la première usine de Mouscron, en 1880, à utiliser la force motrice pour faire fonctionner le métier. Mon papa y sera mécanicien et montera les métiers à tisser. Il m'a emmené parfois à l'usine. J'ai toujours été impressionné par ses fantastiques machines. C'étaient vraiment des œuvres d'art, avec ces nombreux fils suspendus, le va et vient de la navette, les changements de position des fils... Par contre, le bruit, les odeurs et l'idée de répétition du travail m'ont motivé dans la réussite de mes études.

 

Lui non plus ne souhaitait pas se satisfaire de sa condition d'ouvrier. IL a toujours été persuadé qu'il pouvait faire mieux et qu'il était capable de suivre des études. Il décida donc de suivre des cours pédagogique en promotion sociale. Une fois son diplôme obtenu, il fut engagé comme professeur de mécanique au collège technique Saint Joseph à Comines. Il y termina sa carrière.

 

Durant toutes ses années, comme il avait des mains en or et pouvait très bien forger une magnifique grille que de monter tout un système de chauffage central, il était fort demandé. Plus tard, il nous a beaucoup aidé à construire notre maison, Patrick et moi.

 

Parallèlement, dès son plus jeune âge, il jouait au football. Bien que n'étant pas très grand et un peu enveloppé à l'époque, il s'était fait remarquer au Stade de Mouscron. Mais pour différentes raisons, il finit par rejoindre les rangs d'une équipe corporative, la Juventa. Dès que mon frère et moi purent marcher, il nous emmena voir les matches de l'Excelsior de Mouscron et aussi d'Anderlecht ou de l'équipe nationale. Il nous inocula le virus du foot.

 

 

Papa épouse maman

 

Mes parents se sont rencontrés à Luingne. Il semble que pas mal de jeunes hommes avaient des vues sur la jeune flamande qui habitait au château Locufier. Elle, d'éducation stricte ne se laissait pas trop courtiser. Il faut croire que Paul avait trouvé la solution, le petit truc, car ils finirent par sortir ensemble. Ils se sont rencontré lors d'un bal du football club de Luingne. Paul avait remarqué immédiatement la jolie brune qui rentrait au bal avec toute sa famille. Ainsi, après avoir eu l'assentiment d'Elisabeth, il épousa Rosane le 19 août 1961.

 

 

Ils trouvèrent rapidement une maison dans la rue de la Montagne ou ma maman ouvrit son salon de coiffure. Presqu'à côté du Végé de Monique. Quelques années plus tard, ils construisirent une nouvelle maison un peu plus bas dans la rue, au numéro 22, presqu'à côté du nouveau Végé de Monique. Le terrain était celui d'une ancienne briqueterie. A l'arrière de la maison, ce n'était que prairies et champs.

 

C'est là que j'ai passé toute mon enfance, du moins celle dont je me souviens. Avec les garçons du quartier, on a perpétué la tradition des "400 coups".

 

A l'époque, il y avait très peu de voitures et donc, la rue était à nous. On organisait des courses de vélo, des cyclocross, on allait à "l'marotte à poires" à la ferme voisine où on avait établi un quartier général secret dans les greniers de la grange avec un passage secret pour s'enfuir en cas d'arrivée inopinée du fermier, on grimpait aux arbres,... Je me rends compte aujourd'hui, quand je vois mes deux ados glander devant l'ordi ou la TV, de la chance qu'on a eu de pouvoir ainsi tant jouer dehors. Le mur latéral de la maison se souvient sans doute aussi de mon ballon parce que j'y ai passé des heures à taper sur la balle du pied gauche pour l'améliorer. Sur la photo, la rue est pavée. Un jour, en revenant à la maison à vélo, avec plusieurs copains et Patrick, on s'est mis subitement à sprinter. En pleine descente du Pont Blanc, secoué par les pavés, j'ai perdu ma selle sans m'en rendre compte. Evidemment, quand je me suis assis, j'ai fait un bond et... je me suis retrouvé dans le mur de l'usine d'en face. Evidemment, hilarité générale des copains et du faux frère. C'était une spécialité locale à l'époque de se moquer du grand frère et s'est d'ailleurs un peu resté.

 

 

 

 

Déjà tout petit, j'allais à l'école.

 

J'ai commencé ma carrière scolaire en maternelles, chez les sœurs de Saint Charles à Luingne, à l'âge de 2 ans. Bien trop jeune, ce qui me valut la chance de recommencer ma première maternelle.

Je garde un excellent souvenir de la troisième maternelle avec sœur Jean-Marie.

 

Ensuite, c'est dans la classe de frère Gilles que j'ai débuté mes primaires à l'école des Frères Maristes. De la première à la sixième, je ne garde que de bons souvenirs, autant des heures passées en classe que des récréations. A l'époque, on jouait au football bien sûr mais aussi aux billes, aux osselets, aux gendarmes et aux voleurs. En hiver, on faisait des patinoires sur lesquelles on glissait sans tomber. Il y avait aussi parfois des batailles en rangs serrés des élèves francophones contre les élèves néerlandophones. A l'époque, ce n'était qu'un jeu car on s'entendait à merveille. A l'époque, on allait à l'école à pied, à plusieurs. On s'amusait aussi beaucoup en rue. On faisait bien quelques bêtises, mais rien de grave sauf peut-être quand on montait sur les arches du Pont Blanc au dessus du chemin de fer.

Frère Gilles avait  une curieuse façon de nous motiver. En guise de punition, il nous promettait du mazout. Il s'agissait d'une bonne clique sur les fesses toutes nues. Il paraît que ça chauffait bien. Inimaginable aujourd'hui... en tout cas, à l'époque, cette menace suffisait pour que je me tienne à carreau.

Avec frère Gilles, papa, Patrick et moi, durant plusieurs années, nous avons été gilles. On avait de vrais costumes et même le chapeau. S'était amusant mais maman appréciait moins. Je ne sais pas pourquoi sauf peut-être que les gilles honoraient chaque café rencontré et qu'à Mouscron, il y a un café tous les 10 mètres.

 

Avec d'autres instits, on avait des récompenses. Avec monsieur Didier, en deuxième, celui qui répondait le plus vite aux tables de multiplications pouvait soit  aller plus tôt en récré, soit recevoir un choco. Comme j'étais gourmand et que j'aimais jouer à la récré, je suis devenu un champion du calcul. En cinquième, avec monsieur Marc, si on obtenait 20/20 en problèmes, on recevait 10 francs et on pouvait aller acheter un Zéro (chocolat blanc et pistache qui a disparu aujourd'hui) au magasin de la rue du Bas Voisinage. Ca aussi, c'est inimaginable aujourd'hui mais c'est peut-être pour ça qu'aujourd'hui, j'ai toujours un petit faible pour les problèmes et défis mathématiques. J'ai eu mon, diplôme de primaire dans la classe de mon oncle Paul. Je suis assez fier de cette année-là car c'est la seule fois où j'ai terminé premier de classe. J'étais peut-être pistonné.

 

 

 

Les louveteaux.

 

A cette époque, le dimanche matin, j'étais louveteau à la sixième unité de Luingne. J'avais commencé très jeune, à 5 ans. Heureusement, je n'étais pas en terres inconnues car parmi les cheftaines, il y avait mes tantes Cécile (Balloo???) et Thérèse (Akéla). Très vite aussi Patrick et Damien m'ont rejoint. Dans l'ensemble, j'y ai passé de très bons moments. On avait un super local dans les greniers de la maison paroissiale. J'y ai appris beaucoup de choses. Surtout de savoir prendre mes responsabilités. J'ai très vite été chef de sixaine. J'aimais bien aussi les décorations sur le pull et la casquette. Je me souviens avoir essayé d'obtenir le plus de brevets; j'en ai passé huit. Alors, ça faisait plutôt joli les étoiles et le loup sur la casquette, les bandes jaunes, les petits triangles et les écussons sur le pull.

 

Il n'y a que la dernière année, au camp que ça s'est un peu gâté. Je n'appréciais plus trop les jeux qui me semblaient trop gagas. Alors, avec Patrick, Damien et les frères Maes, on a fait la grève de la faim. Assis contre le mur dans la cour, on se jurait qu'on tiendrait le coup mais... c'était le jour des steaks frites et ça, c'était trop fort pour Damien qui craqua. Moi, par contre, têtu, je n'ai pas cédé, et pour me punir, les cheftaines de l'époque m'ont retiré toutes les décorations auxquelles je tenais tant. Question psychologie, elles avaient fait très fort sur ce coup-là. Heureusement qu'à la rentrée, je passais chez les éclaireurs. Là, les choses étaient plus sérieuses. Dans les jeux, je me retrouvais face à de grands castards de quinze ans qui y allaient à fond. Les prises de foulard et le rugby dans la prairie défoncée m'ont occasionné pas mal de bleus mais quelles parties de plaisir aussi. J'aimais aussi beaucoup, lors des camps, construire les tables, les feux,... en bois et cordes, les "hikes", les jeux de 36 heures, les veillées, la totée... Une belle école de la vie.

 

 

 

 

De la sixième à la sixième

 

Après la sixième primaire, tous mes copains avaient choisi de continuer leurs études chez les frères, moi par contre, je ne me souviens plus pourquoi je me suis retrouvé seul de ma classe au Collège Saint Joseph. Bien qu'un peu intimidé au début, je me suis vite fais des copains.

 

Au collège, j'ai commencé en sixième et terminé en sixième. J'y ai vécu les grandes années de chamboulements dans l'enseignement mais sans en faire partie, toujours une ou deux années au-dessus. C'est à cette époque que le rénové est né ainsi que la mixité. J'ai vu arriver les premiers spécimens de filles dans une école de garçons. Elles étaient très peu nombreuses et heureusement pour elles, elles n'avaient pas froid aux yeux et les garçons avaient tendance à les considérer comme des petites bêtes curieuses.

 

Après trois années en "modernes", j'ai choisi la section "scientifiques". Je garde de bons souvenirs aussi de mes secondaires. J'aimais beaucoup le français et les mathématiques. J'ai d'ailleurs eu un prof de math génial les trois dernières années: Camille Main. Voilà quelqu'un qui se souciait vraiment de la qualité des apprentissages chez les élèves. Actuellement, Rémy a un professeur de mathématiques du même acabit.

 

En classe, on a organisé de fantastiques chahuts que les profs, intelligemment, nous laissaient vivre. Ca n'arrivait pas souvent mais c'était des soupapes de décompression nécessaires car on travaillait sérieusement et avec une bonne discipline. Les chahuts étaient toujours organisés et réfléchis. Ce n'est pas comme le chahuts permanents des jeunes aujourd'hui. Ils étaient organisés dans le respect du professeur. La seule fois où ça a dégénéré, c'est lors d'un acte spontané. Lors d'une visite mémorable de Saint Nicolas à l'étude, quand les élèves lui ont sauté dessus pour lui arracher la barbe afin d'avoir un trophée. Les punitions ont été à la hauteur du méfait et Saint Nicolas fut prié de ne plus passer par l'étude l'année suivante. On en rit encore.

 

Une proclamation de résultats par le directeur fut assez mémorable. Nous avions offert un caneton à notre titulaire de classe. Lorsque Petje (surnom du directeur) arriva, le canard était dans sa boîte au fond de la classe. A chaque bulletin annoncé par le directeur, il répondait par "coincoin", provocant l'hilarité générale. Petje ne comprenant pas, s'était déjà retourné plusieurs fois vers le prof qui distrait mis un long moment avant d'expliquer la situation. Une autre blague fut de placer des poissons rouges dans un des nombreux récipients en verre sur le bureau du prof de physique. Lui, ne voyant évidemment rien donna tout son cours avec les poissons rouges le regardant de leurs gros yeux globuleux. Rien de méchant en somme.

 

 

 

 

Mes passions

 

A part avoir eu le plaisir de perfectionner ma "rétho", je suis passé au travers de ces années sans problème particulier. J'avais quelques passions, le football, le dessin et la musique.

 

La musique, j'en jouais. A 10 ans, mes parents m'avaient inscrit à l'académie de musique. Le directeur me proposa le choix d'un instrument, et je choisis la trompette et... me retrouvai à apprendre la flûte avec une vieille fille comme prof. D'après le directeur, en jouant de la flûte, je me préparais à jouer de la trompette. Evidemment, pour lui, il s'agissait de répartir les élèves dans les classes et comme mes parents, trop respectueux de l'autorité, ont abondé dans son sens... Bien qu'étant assez doué, j'ai détesté ça. Au bout de deux ans, j'ai pu arrêter. Depuis, j'ai appris à jouer de la guitare et j'adore ça.

 

Au collège, j'ai aussi découvert le rock avec  Pink Floyd, Genesis, Jethro Tull, Machiavel, Mike Oldfield, ... et surtout Queen. J'en suis un des plus grands fans. Les oreilles des clientes de ma maman s'en souviennent encore. Ma chambre était juste au dessus du salon et mes hauts parleurs avaient une puissance de 150 watts. Les bigoudis s'enroulaient tout seuls quand je passais "We are the champions" ou "Bohemian Rapshody".

 

A l'époque, ce que je souhaitais le plus, c'était de pouvoir jouer au football. Malheureusement, mes parents m'interdirent longtemps de m'inscrire à l'Excelsior pour des raisons que je ne connais toujours pas. Ce n'est qu'à 15 ans, après avoir lourdement insisté, que je pus enfin m'inscrire. J'étais scolaire à l'époque et comme j'avais de bonnes dispositions techniques, suite aux premiers entraînements, l'entraîneur décida de m'aligner d'emblée en provinciaux. Quel match!!! J'ai couru comme un fou tout le temps et... je n'ai pas touché le ballon une seule fois. La semaine, suivante, je jouais avec les régionaux. Malgré ma technique, le sens du jeu collectif me manquait.

 

En août, je montais en juniors et cette année-là, il y avait la catégorie des juniors UEFA. C'est là que j'ai vraiment progressé au point de brûler rapidement les étapes et de passer par les juniors provinciaux puis les réserves et enfin l'équipe première en moins de deux ans. Il aura fallu d'un entraîneur, qui pour des raisons encore obscures m'a cassé, pour que je ne vive pas l'aventure des montées successives de promotion en D1. Les joueurs qui y ont participé étaient de ma génération.

J'ai quand même passé de fantastiques moments à l'Excel comme les tournois internationaux qui nous permettaient de jouer contre les juniors de grandes équipes européennes ou ce tournoi qu'on a failli gagner à Hambourg.

 

 

 

 

Les choses sérieuses commencent

 

Après les études secondaires, je pris le chemin de l'école normale de Leuze en Hainaut pour suivre les cours psycho péda. Ce choix a orienté la suite de ma vie puisque non seulement, je suis devenu instituteur mais c'est sur les bancs de cette école que j'ai fait la connaissance de ma future épouse, Nele.

 

Nele et moi avons eu la chance de tomber dans une classe assez fantastique. On y comptait des étudiants de diverses horizons mais surtout avec des caractères et des passions aussi différents que marqués. Nous y avons passé deux années mémorables tant en classe qu'en dehors.

C'est à la Saint Nicolas (évidemment) lors d'un bal à Braine-le-Conte que j'ai déclaré ma flamme à Nele.

 

Nele est née à Mouscron, le 28 février 1962. Ses parents sont originaires de la région de Poperinge. Une petite flamande quoi. Son papa, Wilfried, décédé, était contremaître dans une usine française tandis que sa maman, Marie-Louise, était femme au foyer. Elle a deux sœurs, Elfriede et Gudrun. Ce sont des pigeons voyageurs puisque l'une vit à Virton et l'autre à Saint Claude en Guadeloupe.

 

 

 

Le service militaire

 

Avant de travailler, j'ai bien été obligé de passer par la case "Armée" ou j'ai été enrôlé comme sergent au Premier Chasseur Ardennais à Marche-en-Famenne. En qualité de chef d'un peloton de mortier, j'y ai connu quelques émotions: passer sous un char en mouvement, fabriquer et lancer des cocktails Molotov, tirer une salve de munitions chimiques, pratiquement prendre le pot d'échappement rouge de chaleur du char dont j'assurais le commandement dans la figure, ... En fait, 10 mois passés à surtout m'ennuyer.

J'y ai survécu.

 

 

 

Le mariage

 

Quelques semaines après ma démobilisation, le 22 juin 1985, Nele et moi, nous nous passions la bague au doigt après être passé devant Jean-Pierre Detremmerie qui se fit un plaisir de nous raconter, mais juste pour nous hein!!!, un extrait du Petit Prince. Patrick et Elfriede sont nos témoins à l'hôtel de ville.

Lors de la messe, en l'église de Luingne, Nele et moi n'avions pas arrêter de rire. Bernard et Dominique, nos meilleurs amis,  étaient nos témoins religieux.

C'est à la salle paroissiale de Luingne que nous avons ensuite convié la famille et les amis. Comme il ne fallait pas que ça coûte trop, la veille, on avait tout installé nous-mêmes. Jusqu'à la sono pour laquelle j'avais utilisé mon équipement et mes disques. Patrick et les cousins se succédaient pour assurer l'ambiance. J'ai un meilleur souvenir des mariages des autres. J'étais assez stressé. Il fallait que tout se passe correctement.

 

 

 

 

 

 

 

La maison

 

Pendant mon service, Nele s'était occupée de préparer notre petit nid dans une maison louée à Luingne. On se contentait de peu à ce moment-là. On se chauffait même au charbon avec un poêle pour toute la maison. A l'étage, il faisait souvent glacial. Mais bon ce n'était pas cher et ça nous permettait d'épargner suffisamment d'argent pour acheter un terrain dans un des plus beaux quartiers de la ville et y construire une maison.

 

Quelle aventure que celle-là car, la maison, nous l'avons construite nous-mêmes, en famille. Nous avons commencé par la cave à Pâques 1987 et le reste à partir de Pâques 1988. Nous avions déniché un maçon flamand un peu fou qui s'est chargé de l'ensemble du gros œuvre. Nous, Patrick, papa et moi, nous lui servions de baudets de maçon. Des baudets qui par moment, ne savaient plus où donner de la tête. Non seulement, on commençait à 6 heures du matin pour terminer à 21h mais en plus, étant inexpérimentés nous courrions un peu sots et comme le maçon amusé en rajoutait,... Pour situer un peu le personnage, quand un quidam s'approchait du chantier, les mains dans les poches, Noël (le maçon), lui demandait systématiquement s'il n'avait pas peur que ses couilles explosent et devant le regard ahuri du curieux, il continuait: "Sinon, tu n'as plus de mains..." et tout ça dans un français lourdement accentué.

 

Toujours est-il qu'on a dû battre un record car le gros œuvre fut terminé en 3 semaines. C'était obligatoire car nous travaillions durant les congés de Pâques et avec la naissance de Rémy, je pus profiter de 4 jours de congé de plus. C'était vraiment la course entre le chantier, la maison et la maternité... Heureusement qu'on a de l'énergie quand on est jeune. Patrick s'est occupé ensuite de l'électricité et papa du chauffage et du sanitaire. On s'est installés dans la maison en décembre 1988, puis, durant plusieurs années on s'est occupé des finitions. N'étant pas vraiment manuel, que du contraire, j'ai dû à plusieurs reprises me faire violence, mais aujourd'hui, nous avons une maison bien confortable et dont nous profitons beaucoup.

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore à l'école

 

En septembre 1985, deux mois après notre mariage, Nele et moi trouvions du travail tous les deux dans la seule école où nous ne souhaitions pas travailler tant la réputation de la directrice était terrible. 22 ans plus tard, on y travaille encore et nos enfants y ont passé une bonne part de leur scolarité.

 

L'Institut du Sacré-Cœur. La plus grosse école de Mouscron. Plus de 800 élèves. Pas vraiment ce don on rêvait mais très vite, la sécurité d'emploi. Nele s'y est fait balloter dans toutes les années avant de se stabiliser comme professeur de Néerlandais après avoir obtenu son approfondi de néerlandais. Moi, par contre, j'ai eu de longues périodes: 7 ans en quatrième année, 10 ans en cinquièmes, 4 ans comme responsable de l'informatique et maintenant en sixième année. Cette stabilité m'a permis de développer de nombreux projets pour lesquels j'ai eu la chance et le plaisir d'être régulièrement primé. A plusieurs reprises d'ailleurs pour des projets avec à la base l'informatique.

 

L'informatique est une passion que je me suis découverte juste après l'école normale. Après avoir suivi une initiation à Saint Henri et avoir participé aux réunions du club Commodore d'Herseaux, j'ai fait un graduat en informatique. Depuis, je me suis spécialisé dans la création de médias: livres-photos, vidéos et surtout sites web comme celui-ci par exemple. D'après Nele, j'y passe trop de temps.

 

 

 

 

Rémy

 

Le temps, c'est un peu ce qui nous manque actuellement avec les activités de nos deux ados. Rémy a lui aussi attrapé le virus du foot. Comme beaucoup de mouscronnois, il a commencé en diablotins à l'Excelsior de Mouscron. Il y est resté quelques saisons durant lesquelles il a eu l'occasion de jouer en "Nationaux" contre Anderlecht notamment. Ensuite, comme beaucoup de Mouscronnois, il est parti à Luingne. Là, il est tombé dans une chouette équipe qui a remporté plusieurs championnats. Ils ont d'ailleurs réussi l'exploit, lors de la dernière année de scolaire, de remporter la coupe "Het Volk". En gros, la coupe de Belgique de Flandre (Traduction texto de ce qui est écrit sur le socle du trophée reçu)

 

Cette saison, il a fait un pas de géant puisqu'il est passé de la quatrième provinciale à la promotion à Lauwe. Il y joue en juniors et parfois aussi en réserve. Depuis son arrivée, il a pris la bonne habitude de marquer un but à chaque match. Il progresse plus vite au foot qu'à l'école où il a pris l'habitude de prendre son temps. Il suit la section transition à Saint Henri mais il ne sait pas encore vraiment ce qu'il fera plus tard en dehors de... footballeur professionnel.

 

Rémy est né à Mouscron un vendredi 13 (Nondidjous!!! lui aussi) avril 1989. C'était le premier des arrières petits enfants et cela faisait aussi 4 générations masculines. Quand il est venu au monde, il ressemblait à un petit singe. Il avait de nombreux cheveux noirs tout dressés sur le crâne et de grands yeux bleus. Il a gardé les yeux bleus contrairement à son papa et a échangé la toison de singe contre une magnifique chevelure blonde et bouclée contrairement à son papa. Il a toujours été un petit garçon joyeux qui aimait rire et s'amuser et malgré toutes les voies que nous avons essayé de lui faire suivre (dessin, musique, judo...) il n'a qu'une idée en tête: taper dans un ballon.

 

Aujourd'hui, c'est un ado de plus d'1m85 qui oublie trop souvent qu'il aimait rire. Bon... ça reviendra.

 

 

 

 

 

Marine

 

C'est un peu l'inverse avec Marine. Petite fille bougonneuse, elle est devenue une ado souriante et très agréable. Elle est née à Mouscron un dimanche 12 mai 1991, le jour de la fête des mères. Sa naissance était évidemment prévue pour le 13 mais sa maman a fait un effort tout particulier pour s'offrir le plus beau des cadeaux pour sa fête. Elle aussi a les yeux bleus et les cheveux blonds contrairement à... oui, on sait!

 

Depuis toute petite, elle se passionne pour la danse, le théâtre et la chanson. Elle se verrait bien à la Star Academy 10. Elle suit donc les cours de danse depuis ses 5 ans à l'Académie de Musique de Mouscron.

Parallèlement, elle joue au volley et a comme son frère une courbe de progression intéressante. Avec son équipe, elle joue actuellement la tête en provinciale 2. A l'école, elle a un parcours classique et a choisi pour le moment la section "Math-Sciences-Langues" aux Frères Maristes".

 

Voilà de nombreuses activités qui nous permettent d'avoir des soirées bien remplies de chauffeurs de taxi.

 

 

 

 

 

 

Quelques photos récentes

 

 

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